L’interview qui tue ! #5 de l’Artiste Anthony Mltrt, par Zoé Hababou #FlyboarderCommunity #TeamFuckedUp

Hello, la communauté ! Voilà, nous y sommes ! L’interview qui tue ! #5 de l’Artiste Anthony Mltrt ! Lorsque Zoé Hababou, s’est lancée dans les interviews, des Artistes Indépendant.e.s, j’ai crû, naïvement, que cela, ne durerait pas. Vous êtes, à chaque fois, au rendez-vous. Et pour cela merci ! Merci de partager comme vous le faites si bien. Merci de mettre en avant ces artistes indépendant.e.s ! L’Art indé, est selon moi, l’un des pilier de notre civilisation, et nous en sommes ses fondations ! Je ne peux vous dire, à quel point cela est important, surtout durant ces temps sombres. Chaque soutient, est un pas-de-géant, vers un Art libre et oui indépendant !                     

Mademoiselle H?

Aller, j’arrête de pleurer. Mesdames, Messieurs :

L’interview qui tue ! De l’Artiste Anthony Mltrt par Zoé Hababou

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Hunter S. Thompson
  • 1 : Anthony mon garçon, que ce soit sur Twitter, Insta et j’imagine ta carte d’identité, c’est la gueule de Hunter S. Thompson qu’on voit. Alors soit ce sage incontesté, pourfendeur de la connerie humaine, s’est réincarné en toi et supporte mal la nouvelle tronche que le karma lui a fourgué, soit tu souffres d’un trouble de dissociation brutale de la personnalité. On t’écoute. Et tâche d’être convainquant.

J’aime bien afficher la tête de Hunter S. Thompson, sa tronche me plaît, elle pose le sujet sur la table et ça évite de mettre la mienne. J’ai pensé à un moment à mettre celle de Super Nacho, mais l’impact n’aurait pas été le même. En général, je n’affiche pas mon visage. La raison ? Je ne suis pas à l’aise à l’idée de m’afficher, peut-être devrais-je consulter un psy, un certain Hannibal L. semble tout indiqué pour moi.

  • 2 : Ça fait quelques temps maintenant que tu postes sur Twitter des fragments d’une œuvre hallucinatoire où les zombies le disputent à la démence d’une conscience prisonnière de sa propre folie. Sans vouloir vexer ces êtres fascinants que sont les suceurs de cerveau, ni critiquer la sagesse incommensurable que recèlent ces pauvres bougres qui se contorsionnent tels des lombrics en rut dans leur camisole au fin fond d’une cellule capitonnée, on aimerait quand même bien comprendre d’où te vient cette fascination pour le morbide et le psychiatrique. Nan nan pas la peine de me regarder avec les yeux fous et la bave aux lèvres. Ça prend pas. Réponds à la question.

Pour trouver d’où ça vient, je pense que le plus simple serait d’effectuer un forage dans mon crâne pour trouver la genèse de tout ça. Mais si je cherche un peu dans ma mémoire (tu peux ranger ta perceuse Zoë), c’est venu petit à petit.

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Moi en train d’écrire, au milieu de ce qui est sorti de ma tête, je cherche le bon chemin

La lecture de magazines comme MadMovies, les films d’horreur ou de zombies qui m’ont fasciné depuis tout jeune par leur visuel, la musique métal et l’imagerie qu’il y a autour. Un livre que j’ai lu également, « Les racines du mal », il commence pied au plancher, sans détour, dans le délire d’une personne complètement cinglée, on est direct dans le sujet dès les premières lignes. Et plein d’autres lectures qui ont ajouté leurs petites pierres à l’édifice. Tout ça a sûrement activé un intérêt qui était déjà en moi.

  • 3 : Si on admet que t’es pas toi-même complètement fêlé de la cafetière (je dis bien SI), mais bordel comment tu fais pour nous pondre des trucs à ce point torturés ? Comment tu fais pour t’immerger dans la démence comme ça, tout en restant un type super sympa en dehors de tes écrits ?

Je plonge dans ce que je souhaite créer. C’est un peu comme se mettre la tête sous l’eau quand on va se baigner à la mer, le silence se fait et un nouveau monde apparaît. Les mots ou les phrases que j’ai écrits servent de base pour créer le chemin vers où, je veux aller. J’essaie de me mettre dans la peau de la personne que je fais prendre vie dans ma tête, ressentir la même chose qu’elle, battre au même rythme, que tout ça devienne au maximum réel.

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Mon stylo et mon bordel de papier, je m’y perds souvent mais ça fonctionne bien pour moi.

Si un type doit être à l’isolement dans un hôpital psychiatrique, je fais pousser les murs de sa pièce dans mon esprit, le moindre élément doit exister, comme l’aspect de la peinture, les bruits extérieurs, les odeurs, les sensations. Je vois ça un peu comme de la méditation, mais au lieu de faire le vide, je m’imprègne de ce que je veux faire naître et puis je le retranscris sur une feuille en essayant de faire en sorte que ce que j’ai écrit vibre sur la même corde que ce que je ressens à l’intérieur. Un processus qui peut prendre du temps.

  • 4 : Quand je t’ai croisé sur Twitter (j’aurais préféré de séduire sur Tinder mais passons), ça faisait peu de temps que tu t’étais mis à l’écriture (j’y repense avec une certaine émotion…). La fougue, la fraîcheur de ta plume, ton manque d’assurance flagrant envers la qualité de ton boulot, ta modestie, bref, tout ça m’a amené à penser que t’étais un jeune de 19 ans. Je déconne pas. Je l’ai même dit à ma petite sœur Cheyenne : “Ouais, ce mec, là, Voyageur Numéro 12, c’est un petit minot, ça se sent, mais il est cool”. Mais je m’égare. Je suis carrément tombée par terre quand tu m’as avoué que t’étais plus vieux que moi. La question est : Qu’est-ce que tu branlais, avant de te mettre à écrire ? Et comment t’expliques qu’un type avec si peu d’expérience puisse pondre des trucs d’une telle flamboyance ? Ouais parce que y a un truc pas net là…
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Diverses choses qui sont passées entre mes mains et ne m’ont pas laissé insensible.

J’ai toujours beaucoup aimé l’art, la création, que ce soit dans la musique, le dessin, le street-art, mais sans jamais réellement m’investir, hormis pour la photographie dans une certaine proportion. Quelle explication donner à une chose que je maîtrise pas ? J’ai commencé à écrire sans la moindre idée de ce que ça valait et puis tu es arrivée, avec d’autres. Vous avez commencé à me faire prendre conscience que ce que je faisais avait du sens, à croire au fait que je peux être capable d’écrire et au final me lancer. Pour le truc pas net, je pense qu’il va falloir que j’aille faire un tour dans la jungle péruvienne pour percer le mystère de tout ça.

  • 5 : Abordons maintenant la question de ton style. Des phrases courtes, impactantes, incisives, porteuses d’une étrange poésie noire, des fragments de souffrance comme les derniers éclairs de lucidité d’un pauvre mec soumis aux électrochocs… De quelle manière ça vient, chez toi ? Est-ce que c’est quelque chose de travaillé, de ciselé, ou est-ce que ça te sort comme ça naturellement ? Et penses-tu que le style soit primordial pour que le message de l’auteur soit parfaitement compris par les lecteurs ?

Je suis incapable de pondre un texte directement, mon processus est un vrai chantier, un champ de bataille, des mots ou des phrases griffonnés sur une feuille, des ratures et de la musique dans les oreilles. L’écho doit être parfait avec mon ressenti, au bout d’un moment ça devient limpide, comme une évidence.

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La musique m’accompagne toujours pour écrire, elle accorde mon esprit sur la bonne note

Je pense que le style est important, c’est ce qui rend un texte vivant, qui permet de ressentir le battement du cœur de l’auteur, le souffle des mots chuchoter à ton oreille. Tout le monde a un style je pense, chaque écrivain a sa propre musique, même si ça peut ne pas sonner terrible. Si on trouve qu’on a pas de style, c’est peut-être parce qu’on ne s’écoute pas suffisamment, la petite voix au fond de nous qui nous guide, nous souffle les idées, nous fait lâcher prise et nous permet d’écrire de manière plus intuitive.

  • 6 : Tes textes reflètent un certain goût pour tout ce qui est ténèbres, néant, désespoir, incarcération, psychisme en ébullition et torture en tout genre. Sans parler du thème du monde qui court à sa perte et touche à sa fin, cet univers mensonger dans lequel tes personnages se meuvent comme dans des sables mouvants en train de les digérer sur pieds. Mais il y a aussi autre chose. Une sorte d’étincelle, comme un sursaut de conscience, quelque chose qui brille faiblement au-delà du tunnel. Un nouvel élément qui semble trouver sa source justement au sein de la plus noire des noirceurs, dans les tréfonds de la conscience humaine, et qui ne se révèle que quand on a atteint le point de non-retour. Qu’est-ce que ça signifie, pour toi ?

Accepter. Ne pas se voiler la face sur ce que nous sommes. Sombrer dans le gros merdier qui nous entoure, mais arriver à s’en détacher. Ouvrir les yeux. Il faut apprendre à observer ce qui se passe dans les moindres recoins de l’obscurité qui nous encercle. Ne pas se bloquer sur ce qui va nous arriver dans la tronche en premier mais avoir une vision plus large.

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Mon futur bureau pour ecrire, il n’y a personne, pas de bruit si ce n’est celui de la mer et du vent qui vient me saluer.

Ce dans quoi on patauge nous confronte à nous-mêmes, à l’illusion de notre propre existence, c’est le moment parfait pour briser le miroir pour voir ce qu’il y a derrière. Une fois qu’on a franchi le point de non-retour, que la porte se referme sur toi, tu dois avancer, sortir ta pelle pour te sortir de tout ce bordel par tes propres moyens. Comprendre qui nous sommes, s’accepter pour pouvoir aller de l’avant, enlever le masque qu’on porte. Je pense que ça permet de devenir quelqu’un de meilleur au final, si on accepte de se retrousser les manches et d’arrêter de faire semblant.

  • 7 : L’univers de la folie est quelque chose qui revient avec beaucoup d’insistance dans tes écrits. Alors puisque les timbrés sont si fascinants pour toi, j’aimerais bien que tu me cites quelques tarés connus de la clique des dégénérés du bulbe qui ont eu une influence majeure sur toi.

Je n’ai pas vraiment d’influences, de personnes que j’ai suivies assidûment, ce qui m’amène à me demander si au final ce n’est pas moi qui suis siphonné du bocal. Les films de Rob Zombie m’ont quand même pas mal attiré, avec « La maison des 1000 morts », “The Devil’s Rejects », avec leurs personnages complètement cinglés. Hunter S. Thompson, je le mets même si c’est assez évident qu’il m’a bien servi de guide. C’est surtout l’assemblage de plein de films ou de séries comme Dexter, Hannibal, « C’est arrivé près de chez vous ».

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J’aime bien la photographie, elles sont toutes de moi, ça me permet de m’évader et d’apprendre à observer le monde.
  • 8 : Hunter S. Thompson et Lester Bangs (et aussi l’Avocat, quand même, ne l’oublions pas, car en dépit de son handicap racial ce mec était un sacré de chez sacré !) sont clairement tes idoles, et à l’époque je me rappelle que tu me disais que t’aurais adoré parcourir la Bretagne avec ta vieille machine à écrire sous le bras pour te livrer à un mode de vie complètement Gonzo. Mais en vrai, Gonzo, ça veut dire quoi, pour toi ?

Le style Gonzo, je l’assimile beaucoup au journalisme, là où tout est censé être objectif et ne pas déborder du cadre. Par contre, ça ne doit pas être de la provocation pour se donner un genre, mais ça doit être ton âme qui transpire au travers de chaque phrase que tu fais sortir des profondeurs de ta chair, et tant pis si la réalité prend un coup dans la gueule. Ça doit percuter dans la tête du lecteur, le faire voyager, lui donner envie de voir les choses différemment. C’est le moment où on a choisi d’appuyer sur stop, d’arrêter d’être une machine, une pâle copie d’un truc sans saveur. Au final, je pense que le style Gonzo va bien au-delà de l’écriture, c’est commencer à exister pour de bon, faire battre son cœur et mettre en route son cerveau pour se sentir vivant. La lumière devient flamboyante et tout rayonne autour de toi, tu prends les choses en main, tu avances, tu lâches les freins et tu y vas pour de bon. Un truc dans le genre, tu vois ?

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Le cieil au dessus de chez moi, la Voie Lactée se montre si on y prête attention…
  • 9 : J’ai fini par me rendre à l’évidence : tu n’es donc pas un jeune éphèbe de 19 ans à la candeur naïve, échoué telle une âme esseulée sur les amers rivages des réseaux sociaux, à la recherche éperdue d’une pirate au grand cœur pour te guider à coup de machette vers un univers où elle et toi pourriez vous enfiler du LSD au compte-goutte, en tapant des choses folles sur une machine à écrire tels des chihuahuas atteints de Parkinson. La vie est cruelle. Alors pour me consoler, j’exige que tu me parles de toi quand t’étais minot. Je veux savoir à quoi ressemblait le petit Anthony (c’est fou j’ai encore l’image d’un gosse déguisé en Raoul Duke dans la tête putain !).

Un peu, dans la lune, quand j’étais vraiment tout petit et quand on me le disait, je ne comprenais pas où ils voulaient en venir. Timide et réservé quand j’étais plus jeune, mais avec un esprit rebelle à l’intérieur. De la musique Punk dans les écouteurs avec l’apparence de quelqu’un de sage. Rien de vraiment de passionnant, juste un gars normal qui n’osait pas trop s’affirmer pour ne pas attirer l’attention.

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Le bas de la ville où j’habite, perdu dans le Finistère
  • 10 : Depuis quelques temps, on entend parler d’un certain Adam sur Twitter, et quand tu te sens d’humeur généreuse, il t’arrive même de nous faire la faveur de quelques phrases de lui, jeter comme en pâture à ces êtres avides de tes mots que nous sommes. C’est qui, cet Adam ? Nourris-tu de grands projets à son égard ?

Adam, c’est spécial. Il s’agit d’un mélange de tout ce qui passe dans ma tête, l’envie de tout exprimer au travers d’une personne. Je souhaite explorer plein de choses au travers de lui, de l’horreur la plus abyssale qui puisse exister jusqu’au moment où il ressortira la tête de l’eau et retrouvera le chemin qu’on lui a toujours caché, pour qu’il puisse avancer et ouvrir la voie pour les autres. J’aimerais bien arriver à en écrire un livre.

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Le cieil au dessus de chez moi, la Voie Lactée se montre si on y prête attention

Merci Anthony !

 

 

 

 

 

 

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Mademoiselle H? 

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