L’interview qui tue ! #7 de l’Artiste Didier D. Deveney par Zoé Hababou

Nous, voilà de retour, pour l’interview qui tue ! #7 de l’Artiste Didier D. Deveney. Nous sommes passés à ça, de voir le site internet de Flyboarder.fr perdu a jamais. Entre mon Hospitalisation Enfermée sous contrainte, en service Psychiatrique, suite à ma tentative de suicide, et la disparition de Wish,

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Cette Interview, lui est dédicacée Wish #Borderline.

l’ami fidèle de Zoé Hababou. Malgré tout, notre communauté, n’a pas lâchée l’affaire. Merci à toutes et tous, pour votre soutien durant ces temps extrêmement durs à vivre. Mais L‘art Indépendant ne meurt jamais ! Aller, c’est partit, Zoé nous a concoctée une Interview qui va démonter ta grand-mère à bicyclette.

Zoé Hababou
Zoé Hababou

Les autres Interview qui tuent #1 #2 #3 #4 #5 #6

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Didier D. Deveney
  • 1 : Salut Didier ! Si tu te demandes ce que tu fous ici, entouré d’artistes tous plus barrés les uns que les autres, eh bien arrête tout de suite. Ça fait un moment que je t’ai repéré, oui, toi, un allumé de plus, au royaume des allumés. Alors inutile de faire genre, vas-y, crache le morceau. T’es qui ?
moi 4 ans
Moi à 4 ans.

Bien le bonjour ! Je me pose pas la question de ma présence parmi vous – on est dans le même asile non ? Un allumé de plus oui, selon le terme consacré, cher à Hunter. Pour répondre à la question existentielle par excellence, je suis un enfant du rock, qui a découvert sur le tard qu’il était aussi écrivain.

  • 2 : Pas la peine de tergiverser plus longtemps. Vu ce que tu postes sur Twitter ou Instagram, on a tous saisi que t’avais un pass backstage éternel pour un nombre ahurissant d’artistes et de rockeurs, que la majorité d’entre nous sur cette fichue planète vendrait leur couille droite pour ne serait-ce que vaguement croiser. Comment t’en es arrivé là ? Nan parce que si y a une formule magique ou un quelconque esprit à invoquer, ce serait sympa de partager, quoi.
Darko Peric (Casa de Papel)
Darko Peric (Casa de Papel)

Ah, ce fameux pass VIP là ! Déjà, on est nombreux à l’avoir et souvent en All Access Area, alors pas de quoi se la péter. Ensuite, comme dit ma douce épouse Laetitia et quelques témoins, c’est mon superpouvoir : être au bon endroit au bon moment. Ça a commencé assez tôt en croisant des célébrités en villégiature du côté de St Jean-Cap-Ferrat quand j’étais jeune.

avec M. Night Shyamalan
Avec M. Night Shyamalan

C’est en participant au Festival de Cannes en tant que scénariste que j’ai commencé à rencontrer de grands noms, par hasard, et à pouvoir converser avec eux, parfois lors de soirées privées. Quand j’ai rejoint le projet Rock N’ Roll Over, j’ai développé la partie finale qui est un documentaire. Ça m’a permis d’aller à Los Angeles, Rome, Londres, de rencontrer des rock stars, de sympathiser avec certains ; et puis, y a le clip de Motörhead Killed By Death qu’on a gagné. Et enfin, il y a le Hellfest, où j’ai eu beaucoup de chance et de soutien aussi. Y a pas de secret je le jure ! Ils doivent juste me trouver sympathique c’est tout. Ce qu’ils me disent le plus souvent est que je suis un artiste comme eux, que je ne dois pas me sentir à l’écart.

  • 3 : Auteur d’un thriller rock, Six cordes au cou, dans lequel une mystérieuse guitare légendaire et un tantinet maléfique tient les rênes du destin d’un acquéreur prêt à tout pour mettre la main dessus, il semble assez évident que ce monde n’a pas de secret pour toi. Mais qu’est-ce que ça représente, en fait, pour toi, l’univers du Rock N’ Roll ? Est-ce un état d’esprit, un courant artistique, une façon de mener sa vie, un hymne à quelque chose, une philosophie ? Tu peux y aller, on est suspendus à tes lèvres, alors mets le paquet !

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Alors, déjà, je ne suis pas un expert, faut pas déconner ! Le rock est avant tout la musique qui me berce depuis mon plus jeune âge. J’ai été ensuite marqué par Kiss, Bowie et Alice Cooper à la télé ; par leur attitude, par la fascination qu’ils dégageaient. Je me suis intéressé à cet univers très tôt, à lire tout ce qui me passait sous la main les concernant – surtout les interviews. Je me suis reconnu très vite en eux par leur différence, leur individualisme, leur créativité, leur assurance. Cela m’a beaucoup aidé dans mon enfance. Les années passées, cet amour ne m’a jamais perdu. Et puis, discuter avec des artistes vous apporte tellement à tous les niveaux, c’est eux aussi qui m’ont beaucoup soutenu !

  • 4 : Un autre truc que j’apprécie énormément chez toi, c’est tes fameux Billets aussi inutiles qu’inopportuns. Déjà, le titre pète sa mère. Et ensuite, putain, mais le contenu quoi ! Il en faut une sacrée paire pour balancer comme ça des sujets au troisième degré qui feraient sauter au plafond des gens qui se situent pourtant dans la marge haute de la tolérance morale ! C’est délicieusement osé, méchamment drôle, rempli d’informations aussi bien documentées qu’intelligentes, bref, pour moi c’est un sans-faute. Mais comment ça t’est venue, cette idée ? Ça fait longtemps que tu publies ça ?

Oh, merci beaucoup, je suis très touché. Il faut savoir que je suis dans les billets comme dans la vie : j’ai passé l’âge de me demander si je vais choquer ou pas. C’est venu de mon amour pour Pierre Desproges. Je suis aussi très fan des textes d’Édouard Baer et de Frédérique Beigbeder. Un beau matin, j’ai tenté l’exercice d’un texte court, à lire sous différents degrés, avec un humour caustique en filigrane. Je me suis régalé, les quelques lecteurs ont apprécié. Alors j’en ai écrit d’autres – une douzaine depuis plus d’un an.

dédicace au Hellfest Corner - Paris
Dédicace au Hellfest Corner – PARIS.

Je me documente toujours assez pour savoir de quoi je parle, qu’il en ressorte quelque chose sous le vernis sarcastique. Les sujets sont assez variés, un de ceux qui ont le plus marché est Parlons cannibalisme entre végétariens. Ils sont sur la page Facebook dédiée, mais j’en publie de temps en temps sur Twitter. J’ai malheureusement moins de temps pour en écrire actuellement, il faut le sujet qui fasse « tilt » aussi. Laetitia est d’ailleurs persuadée que c’est dans ce domaine que j’excelle ! Je ne serai vraiment pas contre d’être publié dans la presse écrite avec, qui sais ?

  • 5 : Non content d’être simplement un auteur et une sorte d’humoriste freak, il se trouve que t’es aussi portraitiste. Oui oui, vous avez bien entendu. Et il a un sacré talent en plus ! Je crois avoir compris que c’est en lien avec Hellfest, mais j’aimerais bien t’entendre un peu à ce sujet. C’est à dire entendre tout. Quand, comment, pourquoi, avec qui, dans quelle position, et est-ce qu’elle a joui ? Oups

C’est plus un hobby qu’autre chose. Je dessine depuis tout petit. J’ai arrêté quelques années, puis j’ai eu envie de faire des aquarelles comme Marilyn Manson – qui m’a encouragé à continuer d’ailleurs. Ça a vraiment commencé avec un portrait d’Ennio Morricone qu’il a reçu de mes mains chez lui à Rome lors d’un documentaire.

JD pas fini depuis 2 ans
JD pas fini depuis 2 ans.

Puis, en montrant mon travail à l’équipe du Hellfest, ils m’ont demandé si je voulais bien revenir l’année suivante pour en exposer d’autres dans leur carré presse/VIP. J’étais aux anges – sans jeu de mots. L’édition suivante donc, des journalistes et des musiciens qui passaient par là leur ont demandé qui faisait ça. Ils ont donc décidé de me réinviter, et depuis 2013, j’ai la chance d’y exposer chaque année. Je crois que j’en ai fait une quarantaine depuis le temps. Il y a aussi une page dédiée sur Facebook, mais je vais tout centraliser avec les billets sur mon futur site web – merci Vincent ! –. C’est comme ça aussi que j’ai pu en rencontrer certains comme ou apprendre que untel avait adoré se voir sur le mur. Quelquefois, on peut retrouver mes peintures sur leurs Instagram comme Rob Zombie qui republie chaque année mon Lord Of Salem. Je manque de temps, j’ai un portrait de Johnny Depp pas fini depuis presque deux ans !

  • 6 : Alors là on entre sur un terrain personnel, donc je comprendrais que tu me claques le beignet, mais en tant qu’utilisatrice de psychédéliques, hautement intéressée par les états de conscience modifiés et toute la littérature qui va avec, quand je croise un type qui montre de vagues signes d’intérêt pour la chose, je lui saute dessus (on n’est pas si nombreux, alors imagine que c’est comme ces espèces en voie de disparition. Quand deux représentants de ladite espèce sus ci-nommée se rencontrent soudainement… oui voilà, ils se sautent dessus. Pour perpétuer l’espèce, c’est la loi de la nature !).
    conversation avec Papa Emeritus de Ghost
    Conversation avec Papa Emeritus de Ghost.

    Dans ton billet inutile sur la mort, tu évoquais Aldous Huxley, qui s’est préparé à passer de l’autre côté assisté par sa femme, comme le font les bouddhistes, mais avec une méga dose de LSD en plus. C’est-à-dire en entrant en méditation au moment de mourir pour maintenir sa conscience en éveil dans la traversée des bardos (différentes phases que rencontrent la conscience dans la mort. Non, sa dissolution n’est pas inévitable. Relisez le Livre des morts Tibétain, je vous prie). Ma question est simple tout en étant très compliquée : Que penses-tu de tout ça ?

Fais gaffe, Laetitia t’a vu prendre ton élan pour m’alpaguer ! Je suis, comme j’aime à le dire, bouddhiste tendance luciférienne, quand je ne suis pas tout juste agnostique. Ça dépend des jours – là ça va, on est jeudi. Je crois en la conscience, en ses divers états, aux voyages spirituels. J’aime à penser que c’est à chacun de s’élever et de devenir meilleur ; pour soi, pour les autres, pour ce monde que nous foulons dans un battement de cil.

avec James Kottak (Scorpions)
Avec James Kottak (Scorpions)

Je suis fasciné par l’exploration de l’inconscient, sans pour autant y participer. Je regarde ces mondes d’une fenêtre ouverte, sans encore mettre un pied dehors, cela viendra sûrement avec l’âge. Au niveau religions et sectes, j’en ai assez vu pour savoir reconnaître l’hypocrisie, l’intolérance et la manipulation. Je n’ai pas besoin d’une relique pour me dicter comment agir envers mon prochain. Concernant mes derniers instants, je compte bien faire comme ce cher Huxley avant de finir en cendres. Pourquoi pas avec un bon shoot d’héro à la Nikki Sixx ?

  • 7 : Revenons sur un sujet moins ésotérique. Quelqu’un qu’a été biberonné comme toi par le Rock N’ Roll, est-ce que ça se ressent dans sa façon de travailler ? Je veux dire, t’es du genre à te perfuser de la guitare électrique en scribouillant, ta fidèle bouteille de Jack à la main et une poutrasse de coke prête à côté du clavier ? Ou alors t’es passé en mode Iggy Pop, devenu tout peace dans sa Floride, pantalon thaï et méditation, thé vert et bâtonnets de céleri à tremper dans du houmous en guise d’en-cas (attention je critique pas, parce que ce que je décris, là, c’est mon parcours à moi, alors putain je veux rien entendre au sujet du retour de trip des perchés sur le retour OK ?) ?yt

Alors, ma période « Sex, Drugs & Rock N’ Roll », je l’ai vécue bien entendu – sinon la démarche de mon livre documentaire aurait été opportuniste. Je ne tiens pas forcément à entrer dans les détails, disons que j’ai suivi très tôt la tendance 80’s et que j’en suis revenu assez vite. J’écris dans le calme ou alors avec de la musique en fond sonore. Je bois beaucoup de café à l’américaine, j’essaie de ne pas fumer l’un après l’autre mes cigarillos parfumés.

avec Manart (Ultra Vomit)
Avec Manart (Ultra Vomit)

J’ai essayé d’écrire sous alcool, le résultat a été catastrophique ; je ne fais pas un bon Bukowski, pas moyen d’écrire pendant plusieurs jours après une gueule de bois ! Par contre, j’apprécie le bon vin et je ne rechigne jamais face à un bon verre de bourbon ou une bonne bière. C’est mes seuls vices, auxquels j’essaie de faire attention. Ah, je suis végétarien au fait ; aucun risque toutefois de me croiser en sarouel et pieds nus : jeans tendance, Converse, boots, T-shirts originaux et vestes stylées dominent ma garde-robe !

avec Tommy Henriksen (Alice Cooper)
Avec Tommy Henriksen (Alice Cooper)
  • 8 : Bon, je sais que c’est une question un peu vicieuse, pour quelqu’un comme toi qui doit avoir une tonne et demie d’idoles toutes plus fascinantes les unes que les autres, mais s’il y avait genre trois personnes du monde de l’art, écrivains, musiciens, peintres ou cinéastes qui ont véritablement bouleversé ta vie au point de lui faire prendre un tournant qu’elle n’aurait jamais pris sans eux, ce serait qui

Mais c’est très, très dur de n’en choisir que trois ! C’est une torture ! Bon, allez je me lance :

Le premier : Alice Cooper. Je savais à peine marcher que je réclamais son album Killer à mon frère – anecdote mise dans Six Cordes Au Cou d’ailleurs. Sans lui peut-être, le rock n’aurait pas eu autant d’impact dans ma vie. J’ai eu la chance de le rencontrer trois fois. Je connais bien sa fille Calico et son guitariste Tommy Henriksen.

John 5 (Rob Zombie) et moi
John 5 (Rob Zombie) et Didier D. Deveney

En deux, Bill Sienkiewicz : il a changé la perception et la réalisation de la bande-dessinée américaine. Son art est très proche de Francis Bacon – que j’adore. J’ai été très influencé par lui étant jeune. Je porte sur l’avant-bras gauche une de ces œuvres : Stray Toasters. J’ai eu la chance de le rencontrer aussi, on est resté en contact depuis.

Et enfin, Pierre Desproges – encore quelqu’un qui a marqué mon enfance – : je me suis très vite retrouvé en lui avec sa vision acérée sur ses contemporains et son humour décalé, absurde. Sa verve aussi, d’une richesse inégalée. Un père spirituel à qui je n’oublie jamais de rendre visite au Père Lachaise quand je monte à Paris. Étonnant non ?

rencontre avec Jan Kounen 2012
Rencontre avec Jan Kounen 2012.
  • 9 : On arrive sur la fin et vu que c’est moi qui gère l’interview j’ai envie de m’octroyer un petit plaisir perso rien que pour ma gueule. Ouais, je suis comme ça. Tu sais ce qui va venir hein ? Voilà. Jan Kounen. Mon idole à moi. Tu veux bien me raconter comment tu l’as connu et ce que tu sais de lui ?

En 2012, par le biais d’une association dans laquelle j’étais, Jan Kounen est venu à Nice pour une projection de son documentaire D’autres mondes et de son premier film Dobermann – bonjour le grand écart. Je lui avais peint un portrait d’ailleurs pour l’occasion.

Laeti à mon expo
Laeti à mon expo.

Mon ami Vincent et moi-même l’avons interviewé pendant la soirée. Nous nous sommes très bien entendu et il m’a invité à dîner avec des amis à lui. Ça a été une magnifique soirée, pleine d’anecdotes et d’expériences. C’est un être à part, très intelligent et qui aime partager. On échange encore de temps en temps sur les réseaux sociaux. Je lui ai parlé de toi justement.

  • 10 : Pour terminer cet interrogatoire dans les règles de l’art, ce serait cool que tu nous parles de tes projets en cours. Dernièrement t’as posté sur Twitter que t’en étais au quatrième chapitre, mais bon, c’est un peu vague, quoi. Sur quoi tu taffes en ce moment ? C’est quoi la prochaine petite merveille déjantée que tu vas nous sortir ? Balance, la tribune est à toi !

Je travaille sur mon nouveau thriller, j’en suis à la moitié. Selon les retours de mon tout petit cercle, ça sera encore plus fort que Six Cordes Au Cou. C’est tout ce que je peux dire pour l’instant. J’ai déjà les idées pour deux autres romans, mais je prends mon temps.
J’ai écrit les 12 épisodes de la web-série tirée de notre court-métrage Tuyauteries Inavouables – qu’on peut voir sur Vimeo –, mais confinement oblige, c’est en stand-by.
Et pour finir, un site web officiel va arriver dans quelques semaines, avec des interviews, une galerie photo, les billets, les aquarelles, avec aussi la possibilité d’acheter mes livres et de s’inscrire à une newsletter. www.didierddeveney.com. 

Et voilà !

Merci Didier, Merci Zoé !

Liens :

Facebook Didier D. deveney

https://www.facebook.com/billetsinutiles

https://www.facebook.com/artofDDD

Twitter de Didier 

 

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Couverture de Vincent Clerico

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