L’interview, qui tue ! #1 de l’Artiste Sam Bender, par Zoë Hababou !

L’interview qui tue ! Sam Bender par l’artiste  Zoë Hababou. •

Toutes les photos de l’article sont les choix personnels, de Sam Bender.

Mademoiselle H? 

  • 1 : Yo mec ! T’es qui, t’es quoi, qu’est-ce que tu fous ici ? Allez, on déballe : matricule, préférences sexuelles, numéro du cercle des enfers où tu résides, fouille corporelle.

Zoé Hababou

 

Derrière ma carapace de métal, qui me sert accessoirement d’alambic pour fabriquer de la gueuse, et sous mon cul de téflon, se cache une âme sensible dotée d’une empathie hypertrophiée. J’ai 42 ans, et pas toutes mes dents, enfin, j’ai le bon nombre, mais elles sont pas toutes à moi. J’utilise pas encore du polident, mais ça ne saurait tarder. Je suis l’heureux papa de deux bambins : Wauquiez (5 ans) et Morano (10 ans) qui ont la fâcheuse tendance à m’interrompre lorsque je suis en phase d’écriture, ce qui leur vaut de nombreuses heures de confinement dans leurs chambres. Je vis en couple avec une femelle humaine qui s’amuse à me torturer en rangeant mon lave-vaisselle n’importe comment. Je supporte tant bien que mal ces agressions quotidiennes depuis 11 ans, en n’oubliant pas de râler chaque soir. Sinon, c’est pas drôle. Je suis né au pays de la saucisse et des Peugeot, à Montbéliard. C’est de là que j’ai subi les affres d’un accent franc-comtois, à couper au couteau à fromage. Je réside actuellement dans la banlieue lyonnaise, non loin des coteaux du lyonnais et à proximité de nombreuses caves à vin. Niveau études, j’ai accumulé des bac + 2 parce que je suis fan du chiffre 2, étant né un 22 octobre (l’année de la mort du King Elvis).

  •  2 : Tes lecteurs te connaissent grâce à Roule Papy ! Ehpad-opéra complètement loufdingue, diffusé sur Wattpad, et dans lequel un flic à la ramasse est censé mener l’enquête dans une maison de retraite où une bande de vieux schnocks bien tapés, à la sénilité débridée s’est mise au trafic de dope. Au vu de tes sujets de prédilection (les vieux, la came et la dinguerie), je suppose que t’as été :
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  1. petit a : séquestré par ton grand-père à 4 ans,.
  2. petit b : flic ripou à la brigade des stups de Pau,
  3. petit c : veilleur de nuit dans un asile psychiatrique,
  4. où la réponse d : on t’écoute.

Dans la vie, je suis éducateur spécialisé. C’est comme Pascal le grand frère, mais en pas du tout pareil. On n’a aucun stock de briques à concasser. J’ai bourlingué pas mal dans divers établissements, pour me retrouver actuellement dans une institution spécialisée, accueillant des Franck Ribéry. C’est de mon expérience professionnelle complètement barrée que je tire la débilité de mes propos. J’ai vécu des choses tellement improbables que ça m’a marqué le ciboulot au fer rouge. Mes neurones et mes synapses carburent uniquement au second degré, à la provocation et à la connerie.

  •  3 : Ce truc de Wattpad, là, honnêtement tu cartonnes, et chaque personne qui fourre son nez dans tes vieux (enfin…) trouve ça hilarant, décalé et franchement bien écrit. Du coup, quoi ? Tu le publies en livre, tu pars sur un autre truc ? C’est quoi tes domaines, à part l’humour ? Parle-nous de tes projets en cours.

Je vais d’abord terminer les aventures de Riton et Chen, parce qu’une bonne histoire c’est une histoire qui se termine. Et puis surtout, parce que je peux pas laisser mes lecteurs sans savoir si Chen va finir par s’envoyer Trudy ! Pour ce qui est d’une publication, je verrai si je trouve une productrice sympathique qui acceptera de m’éditer, quitte à ce que je passe sous le bureau. SamBender3

Je dois étudier la question, mais je compte bien tenter d’envoyer ça à deux ou trois maisons d’édition, et si ça ne passe pas, pourquoi  pas me lancer dans l’autoédition. J’ai aussi d’autres projets, un peu moins barrés, mais toujours décalés. L’un est un roman de fantasy que j’ai entamé il y a six mois : c’est l’histoire d’un anti-héros malmené, une sorte de road-movie dans une atmosphère médiévale fantastique. C’est pas le genre d’ouvrage qui décrit un arbre sur quarante pages ou qui te fait six chapitres juste pour t’expliquer comment tourne le monde. Tout se découvre au fil de l’aventure. Ce qu’on ne voit pas n’a aucun intérêt pour le personnage. Il n’y a pas beaucoup d’action, c’est un voyage.
C’est probablement à des lieues de ce qu’attendent les lecteurs du genre, mais j’en n’ai rien à foutre. Je suis aussi en cours de rédaction d’un projet de science-fiction dont vous avez croisé le personnage principal dans les micronouvelles de KeoT, un auteur que j’aime beaucoup. Le major Anderson fait face à un monde dévasté et doit remplir sa mission. C’est à la fois contemplatif et très personnel : une critique acerbe de l’humanité, un regard sur ce que sera le monde quand on aura fini de le taillader, un couplé improbable entre un héros et son guide, une intelligence artificielle consciente, mais dénuée de sentiments humains. Pas simple à écrire. Enfin, j’ai un projet top secret, beaucoup plus intimiste et quasi autobiographique. Une vision de mon monde professionnel, personnel. C’est simplement une ébauche dans ma pensée, mais ce sera mon projet à la suite de Roule Papy ! Je vous cache pas que ce sera saignant.

  • 4 : Quelle sorte d’enfant étais-tu ? Tu veux qu’on en parle ? (c’est la minute psy)

J’étais pas un enfant turbulent, J’étais un enfant calme. Disons que mon enfance a été brisée dès mon plus jeune âge. Cette blessure a ouvert mon esprit, un peu comme Neo à la fin de Matrix. J’ai développé un sens de l’empathie qui fait de moi l’être que je suis. J’ai dû assez tôt apprendre à me débrouiller par moi-même et la vie m’a appris qu’en fait, les adultes, on pouvait compter dessus, mais que l’existence pouvait nous les arracher d’un simple claquement de doigts. J’étais le bon copain, celui qui rigole aux blagues puis, quand j’ai grandi, je suis devenu

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Enfin celle-là, parce que ce petit machin, c’est juste une extension de moi-même et que, chaque jour qui passe, il me rend meilleur. Je croyais pas pouvoir tant aimer un être vivant. Mais lui, il est spécial. J’espère être toujours là pour lui parce que j’ai pas eu cette chance.

celui qui déconnait tout le temps. Je pouvais alterner l’image de l’enfant modèle avec celle du parfait consanguin. Ça s’est pas arrangé avec l’âge. J’’allais en cours à la fac avec des jumelles, pour me mettre au fond de l’amphi et pour pouvoir suivre ce qui était
écrit au tableau. J’étais pas forcément l’élève apprécié des enseignants.

  • 5 : Je crois savoir que ça fait pas longtemps que t’écris, pourtant ton style a l’air quand même bien mature. C’est quoi ton super pouvoir ? OK, OK, disons-le d’une manière plus… littéraire ! Monsieur Metal Ass, pourriez-vous nous exposer les processus mis en œuvre dans votre démarche de création artistique ? Et seriez-vous en mesure de nous détailler la signification intrinsèque de la mise en abyme de Chen au travers de l’archétype du personnage patriarcal de Riton ?

Le processus de création chez moi c’est peau de zob. Je suis pas un architecte, je fais aucune fiche. Je pratique l’écriture automatique. En gros, je fabrique une histoire dans mon cerveau malade, les très grandes lignes. Ensuite, je me lance. Pour Roule Papy !, je prépare juste l’intrigue des chapitres avant de broder autour et de laisser courir mes doigts sur le clavier, de laisser mes pensées faire le reste. Je me mets en situation. Si ça m’amuse, alors je garde. Si c’est nul, je vire. Je ne force pas le trait exprès, j’essaye d’être à la fois décalé et drôle, caricatural, mais pas que. Pour Chen, c’est un type paumé, un flic raté qui s’est toujours pris des remarques dans les dents. Il porte ça en lui depuis tout jeune. C’est pas un esprit brillant pour les autres mais en fait, il est loin d’être con. C’est juste que le destin n’a pas frappé à sa porte.SamBender2

Quand il s’aperçoit de l’ampleur du trafic, il se dit qu’enfin, ça y est, la chance a tourné et que c’est sa seule occasion de montrer à tous ces cons qu’il est aussi bon qu’eux, voire meilleur. Il voit en Riton l’oncle qu’on a tous dans nos familles, celui qui tient des propos limite racistes, aux dîners de Noël. Pour lui, Riton, c’est un bon gars, pas méchant, mais ce n’est pas non plus une lumière. Il essaye de le manipuler mais finit par se lier d’amitié avec lui, parce que Riton, il a un bon fond. Et, s’il plonge dans cette déchéance, c’est avant tout parce qu’il se sent plus vivant que jamais au contact de ces petits vieux. Ils sont tous timbrés, mais ça l’amuse.

  •  6 : Attention, partie sentimentale (âmes sensibles, sautez cette question) : Tu cherches quoi, toi, dans un livre que tu lis ? Et j’irais même plus loin : pourquoi écrire ? Vous avez trois heures. Et même plus loin : pourquoi écrire ? Vous avez trois heures.

Dans un livre, je cherche une histoire, rien de plus. J’ai lu beaucoup de bouquins sociologiques, psychanalytiques, des ouvrages de référence écrits par des éducateurs spécialisés. C’est écrit avec les pieds, chaque mot est pesé, technicisé. C’est pas inintéressant, mais qu’est-ce que c’est vilain.
C’est le genre de bouquin où le mec est fier de faire un jeu de mots que même toi t’oserais pas (usager/usagé, paye ta blague). Je tiens quand même à citer un ouvrage qui fait référence dans le domaine et que je conseille. C’est hyper court, écrit par Fernand Deligny : Graine de crapules. C’est un recueil de maximes qui sont en fait des conseils avisés sur comment aider ces sales gamins défavorisés d’après-guerre. Pour en revenir à nos moutons, l’essentiel dans un livre, c’est sa cohérence, ce qu’il raconte, le reste m’importe peu. Si c’est écrit avec des phrases de trente lignes et que je suis obligé de revenir au début de ladite phrase pour comprendre son sens, j’abandonne. Je cherche des émotions, des ressentis, qu’un auteur traduise ça en mots. Je cherche à voyager, à rêver.

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Celle-là, c’est parce que j’adore la montagne, le soleil couchant, je trouve que ça nous ramène à notre condition, à l’absurdité de nos rêves, à l’immensité et au fait que nous ne sommes rien, dans le temps et dans l’espace. une fraction de seconde à l’échelle des temps, et même pas un grain de sable à l’échelle de l’univers.

Pourquoi écrire ? Si seulement je le savais. J’ai envie de raconter des histoires, je l’ai toujours fait. Je suis le genre de mec à te raconter une anecdote dans les moindres détails, en mimant les attitudes des protagonistes. L’écriture est le simple prolongement de ce que je suis dans la vie. Par l’écriture, mon imaginaire peut vagabonder comme bon lui semble, en dehors des sentiers battus, et ça m’aide à trouver un sens artistique à ma vie. J’ai pas la prétention d’être écrivain, j’ai très peu confiance en moi là-dessus. Mais, depuis quelque temps, j’ai décidé de franchir le cap : à quoi bon écrire si c’est pour que ça reste enfermé dans un dossier sur Windows ?

  • 7 : Bon, je crois qu’on est tous au courant qu’un artiste, qu’il soit auteur, chanteur ou tailleur de pelouse, est influencé par toutes sortes d’influences (nan je vois AUCUNE répétition). C’est-à-dire que bon, un auteur, ça lit, ça lit, ça lit, ça écrit, mais aussi accessoirement, ça se mate un film, ça écoute une zik ou ça regarde une pelouse pousser. Toi, c’est quoi, ces influences qui t’ont influencé ? Soyons plus clairs : qu’est-ce qui te fait bander, dans cette chienne de vie ?

La musique, avant toute chose. Je suis issu d’une famille de musiciens. Niveau style, à peu près tout, j’écoute beaucoup de métal, pas mal d’électro, du rock des 70’s, du classique, de la techno, du punk, évidemment. J’ai un gros faible pour quelques artistes, notamment Hubert Felix Thiéfaine, parce que c’est un putain de poète avec une voix de dingue, Bowie, parce que ce mec est juste un extraterrestre.

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Là, c’est à côté de chez moi, un endroit que j’adore. Parfois, j’y vais juste pour m’asseoir et observer, sentir le vent contre moi. Ça m’apaise.

Je suis fan de séries, mais la plupart ont toujours un côté décevant. J’en veux pour preuve Game Of Thrones ou Dexter, deux séries parties sur de bonnes bases mais qui finissent comme si un mec s’était assis et avait chié le scénario. Pour moi, les séries les plus marquantes, c’est The Soprano’s, The Wire, Oz, My name is Earl et The Job (si vous connaissez pas, renseignez-vous, ce truc est tellement dans le style Roule Papy !). J’ai une addiction pour Kaamelott également, les dialogues ciselés, le rythme et le talent de son auteur. Niveau cinéma, si un film me distrait, c’est l’essentiel. J’aime la vulgarité de Michael Bay, l’outrance de Rolland Emmerich, tout autant que la classe de Scorsese, le talent de Carpenter ou de Verhoeven. L’un de mes coups de cœur, c’est George A Romero, parce que ce type a su dépeindre avec acidité les époques qu’il a traversées, dans un style unique.

Concernant la littérature, c’est très varié. J’ai beaucoup lu Stephen King quand j’étais gosse, Shining m’a carrément scotché (tout comme le film de Kubrik). J’adore Molière parce que je trouve ça juste incroyable, on dirait de la musique, c’est le Jul de la pièce de théâtre. Certains ouvrages me restent en tête parce que je les considère au-dessus : Bel Ami, de Maupassant, J’irai cracher sur vos tombes, de Vian, Fahrenheit 451, de Ray Bradbury, La Peste, de Camus, Hypérion, de Dan Simmons, l’intégrale du Sorceleur, de Sapkowski (tellement mieux que la série).

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C’est là où j’ai passé mon enfance, tous mes étés, et là que je retourne chaque année parce que je peux pas m’en passer. C’est associé à moi, c’est là où je me ressource.

Un roman m’a véritablement marqué : Sous le règne de Bone, de Russel Banks. Il s’agit d’une alchimie, d’une synchronisation entre ce que raconte ce livre et l’état dans lequel je me trouvais. J’étais manœuvre, je posais des liners dans des piscines chez des gros bourgeois, j’avais toujours ce bouquin avec moi. Pour les pauses déjeuner, je mangeais seul, alors je lisais en grignotant mon casse-dalle dans des jardins démesurés, au pied de la chartreuse, dans un paysage somptueux. Il m’a touché en plein cœur. Il m’a fusillé l’âme.

Enfin, un truc qui me passionne, c’est le jeu vidéo. Je fais partie d’une communauté en ligne dont je gère pas mal de petites choses. J’exerce un pouvoir absolu sur ceux qui fréquentent nos serveurs et ma main est telle l’épée de Damoclès qui s’abat sur la tête des récalcitrants.

  • 8 : Je commence à fatiguer donc on va se faire un classique de derrière les fagots : Les Inconnus ou Les Nuls ?

Les Nuls. Sans hésitation. J’aime aussi Les Inconnus mais je trouve l’impertinence et l’absurdité des Nuls bien plus intéressante.

  • 9 : J’ai envie de te demander. Ouais, Je sais pas, comme ça, une envie… Are You married ? Nan je déconne. T’attends quoi toi de la communauté Twitter ? Et qu’est-ce que ça t’a apporté dans ton parcours d’artiste ?

J’ai un compte twitter depuis des lustres. J’y voyais aucun intérêt alors j’y foutais pas les pieds. Puis, un jour, un certain DJ vêtu d’un bonnet à pompons m’a fait découvrir la communauté des auteurs. J’y ai découvert des gens bienveillants, pas malsains, des personnes qui partagent tous leurs passions, au lieu d’étaler leur haine. C’est enrichissant au niveau personnel, parce que j’y ai fait de vraies belles rencontres. Ensuite, les défis, ça m’aide à parfaire mon style. Écrire pour essayer de me la péter, c’est pas mon genre. J’écris pour transmettre avec simplicité. Il faut que ça claque, que la phrase soit rythmée. Et avec ces petits exercices, c’est justement tout ce qu’il faut faire. En dernier lieu, le soutien, parce que quand on se considère pas comme écrivain et que d’autres te lisent et disent que ce que tu fais c’est génial, forcément, ça encourage. D’ailleurs, Roule Papy ! n’existe que parce que j’ai remporté le défi de Caalfein du mois de février 2020. C’est de ce défi qu’est sorti le pitch du livre.

  • 10 : Bon, on y est mon pépère, j’ai toujours su que ce moment arriverait un jour… Dernière question : Pas de question. Dis ce que tu veux. Fais un doigt, crie, casse une chaise. Vas-y, quartier libre.

Je suis un type à l’apparence tout ce qu’il y a de plus banal. Seuls ceux qui me connaissent vraiment savent quel dégénéré je suis. Je pratique le second degré en permanence, mais je suis capable de sortir une blague nécrophile devant une collègue qui a un balai dans le cul, juste pour choquer. Avec mon air de gendre idéal, ça contraste.

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C’est là où j’ai passé mon enfance, tous mes étés, et là que je retourne chaque année parce que je peux pas m’en passer. C’est associé à moi, c’est là où je me ressource.

Mon héros, c’est Steven Seagal, parce qu’avec un seul doigt, il peut péter tous les os de ton corps. C’est un géant du cinéma, son jeu est aussi primitif qu’un mammouth, et ses films, c’est juste du bonheur à l’état pur. Grâce à lui, quand je sors et que j’ai ma carte bleue sur moi, je me sens en sécurité, parce que je sais que je peux égorger mon adversaire avec, si besoin. Avec moi en voiture, t’allumes pas l’autoradio, c’est moi qui parle. Ça peut durer tout le temps du trajet, sans jamais s’arrêter. Je suis capable de faire un discours d’une heure sans le moindre argument, juste avec des phrases à la con, une suite de mots sans aucun sens, mais qui fait de l’esbrouffe. Je pourrais tenter une carrière politique. Ils font ça tellement bien.

En vrai, je déteste les chats, ces êtres recouverts de poils qui passent leur temps à glander et à foutre leurs poils un peu partout. J’ai qu’une envie quand j’en vois un : le jeter dans une bassine d’eau pour lui montrer que sans sa fourrure, il ressemble à un rat tout chétif. En fait, les chats, c’est un peu comme ces gens qui font de la chirurgie esthétique ou qui s’habillent avec de la haute couture, c’est du pipeau. Je me désespère du monde, de voir le niveau ahurissant de bêtise dans laquelle peuvent se vautrer les gens. Comment tu peux perdre ton temps à regarder une bande de cas sociaux à moitié à poil dans une villa bling-bling, en sachant qu’un sur deux est illettré ? Ceux qui font ça me fascinent, tout comme ceux qui sont capables de regarder Cyril Hanouna plus de trente secondes, sans vomir. C’est incroyable, t’as un gars devant toi qui passait sa vie à se balader le cul à l’air dans les boulangeries parisiennes et qui, aujourd’hui, est considéré comme une personnalité majeure du pays.

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C’est là où j’ai passé mon enfance, tous mes étés, et là que je retourne chaque année parce que je peux pas m’en passer. C’est associé à moi, c’est là où je me ressource.

À côté de ça, t’as des gens qui réfléchissent et qui parlent à t’en arracher les tripes et qu’on traite de cons parce qu’ils utilisent du vocabulaire soutenu. Si j’en avais l’occasion, j’irais mettre des claques dans la tête de Pascal Praud, jusqu’à en avoir des cloques, parce que c’est exactement ce genre de débile qui représente ce que je hais : péremptoire, macho, vulgaire, démago et populiste. La vie, c’est pas aussi simple que dans l’esprit déficient de cet ahuri.

Pour conclure, je dirais que ceux qui m’intéressent, c’est ceux qui sont différents, imparfaits. Si t’as ce petit truc en plus, ça fait tilt chez moi. J’aime pas ce qui est trop lisse, ça cache forcément un truc. Je vais pas me retourner sur une jolie fille, mais si je croise un regard perdu, une attitude sensible, je peux me perdre et contempler ça pendant un long moment. C’est ça, ma vie, la diversité. Chaque jour, je rencontre des petits gars qui sont handicapés, déficients. Auprès d’eux, tu gagnes tellement plus qu’en écoutant des cons parler et se la péter.

Merci Sam !

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